• Oct
  • 1
  • 2011

Débat : Doit-on faire ce pour quoi on est doué ?

Entrainement, , , ,
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Je voulais revenir aujourd’hui sur une question abordée sur le forum SuperPhysique et que j’ai trouvée très intéressante.

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Attila (pseudo du forum) pose la question suivante à Elsabre, pratiquant multisport :

“D’après toi, si tu avais été quelqu’un de fort à la base, te serais-tu autant tourné vers du multisport, vers autant de diversité ? Ou alors tu te ferais plaisir à forcer sur “la base” ?

J’ai souvent l’impression que c’est plus ou moins la base du choix des activités (musculaire j’entends), si le gars voit qu’il est fort, il va “kiffer” de monter ses perfs pour se sentir hors norme, si en revanche il voit qu’il n’est pas très “doué”, il va se tourner davantage vers le body, ou du “multisport muscul”.

Qu’en penses tu ? Et vous finalement ?

Je sais que tu es quelqu’un qui aime être polyvalent etc… mais je me demande quand même si, si tu avais un gros potentiel “force/masse” au départ, tu n’aurais pas été tenté d’exploiter un max ce côté là…”

Réponse de Elsabre :

Je pense que tu as parfaitement raison, j’expliquais d’ailleurs à un ami récemment qu’il y avait une forme de “déterminisme” dans notre pratique du sport .

Depuis que je fréquente les forums j’ai observé que ce “déterminisme” va même plus loin que ca, chez beaucoup de personnes il influence aussi le type de physique qu’elles idéalisent.

Ainsi il est fréquent de voir des maigrichons nous expliquer que le “top” au niveau physique c’est genre “Bruce Lee”, et de nous bassiner avec le fait que l’idéal c’est d’être sec et tonique et fonctionnel et blablabla, à l’inverse on a aussi des gras du bide qui nous explique que c’est mieux de ne pas être trop sec, que l’idéal c’est d’être fort, que ca fait “barbare” et blablabla….

Mon avis :

Avant de que vous donniez votre avis, je voudrais juste rajouter quelque chose. Même s’il est vrai que l’on préfère faire les choses pour lesquelles on est doué, cela n’empêche pas certains de se fixer des objectifs, de réaliser des choses pour lesquelles ils n’étaient pas doués à la base.

Si je reprends l’exemple du maigrichon, il n’imagine pas un seul instant faire 200 kg au Squat ou faire 45 de bras. Effectivement, il va plus viser un physique sec, qui n’est pas trop éloigné du sien car cela lui semble possible, il espère ainsi déja faire 100 kg au développé couché ce qui sera déja exceptionnel, pense-t-il. Mais il y aussi l’inverse, ceux qui se fixent de trop gros objectifs, qui se découragent et finissent par abandonner. (j’y reviendrais dans un autre article).

Mais au fur et à mesure de sa progression, il va ré-évaluer ses objectifs. Quand il aura passer 100 kg, il visera 120, puis 140 kg…

Tout ca pour dire que si vous n’êtes pas doué pour quelque chose, des progrès ne sont pas impossibles au dela de vos espérances, au dela de la majorité des pratiquants.

Vous ne serez jamais au niveau d’une personne douée qui fait tout ce qu’il faut pour progresser, mais vous pouvez atteindre bien plus que vous ne l’espérez et atteindre un niveau que beaucoup aimeraient atteindre.

Je ne sais plus qui disait sur le forum SuperPhysique qu’il y a deux catégories d’athlètes de haut niveau : Ceux qui sont doués et ceux qui ont la persévérance, la volonté…

Alors ce n’est pas parce qu’en apparence, que vous débutez, que vous ne progressez pas aussi vite, que vous n’êtes pas plus doué que le voisin que vous ne pourrez pas atteindre des performances, un physique… de “haut niveau”.

Ne vous cantonnez pas seulement aux activités ou vous êtes doués, faites ce qui vous plait même si effectivement vous n’êtes pas le plus doué du monde.

Je conclurais avec une phrase que j’ai déja utilisé auparavant : L’important n’est-il pas de progresser, d’être un meilleur soi-même plutôt que d’être le meilleur et de ne pas avancer ?

Qu’en pensez vous ? Faites vous principalement ce pour quoi vous êtes doués ?

rudy

A propos de Rudy

Rudy pratique la musculation sans produits dopants depuis plus de 13 ans et coach des centaines d'élèves chaque année. Il est aussi le fondateur des sites Superphysique.org, ClubSuperPhysique.org, Supermince.org et rudycoia.com.

7 commentaires

  1. Je pense que c’est quelque chose qui s’avère plus ou moins vrai. Etant très mince de nature, à aucun moment je me suis dit “Je me ferais de grosses barres, et je deviendrais champion du monde de SDT”. Pourtant, plus le temps passe, plus je me rends compte que ma progression en force est plutôt rapide (pour reprendre l’exemple du SDT : juin 2012 40kg x 12, décembre 2012 : 120kg x 10). Actuellement, j’en suis à 127,5 x 8. J’ai donc peut être un réel potentiel pour le SDT qui sait ? Mais quoiqu’il en soit, je partage l’idée que même quelqu’un de doté ne peut être excellent sans travail derrière.
    Pour citer Schwarzy, à ses débuts, il n’était guère qu’un pauvre maigrelet de 185cm pour peut être 6Xkg. Il n’y a que les années et les heures de labeurs qui lui ont permis un beau jour d’arriver à faire 190cm pour 110kg. Dopé certes, mais avec pas moins de 6H quotidiennes en salle ce que peu feraient même s’ils le pouvaient.
    Finalement, on rejoint ce que prône Rudy dans sa vision de SuperPhysique : patience, persévérance, effort, sacrifice.

  2. Personnellement, et ce n’est que mon point de vue, je trouve ton avis très bien construit et très vrai Rudy.

    On commence tous avec des avantages/inconvénients dans notre pratique, on s’en rend compte très rapidement d’ailleurs, il y a les légers qui s’en sortiront très bien au poids du corps, mais moins avec une barre assez lourde au couché, il y a les lourds qui auront les caractéristiques inverses, et puis il y a l’entre deux, ceux qui malgré un poids léger possède une force assez impressionnante par exemple.

    Cependant, je prendrais mon cas pour exemple, j’ai toujours été “moyen” en sprint, disons que j’était un peu le 4ème au classement, celui qui est devant la majorité de la classe, mais qui malgré tout reste derrière les meilleurs.Depuis que je me suis remis a courir, que je bosse plus lourd, mais surtout depuis que je suis passé par divers pratique, notamment le Crossfit, j’ai eu l’occasion de me remesurer a un de ces 3 “leaders” qui été toujours devant moi, mais qui lui a seulement continuer par son sport, le foot, sans entrainement très axé sprint, et il s’avèrent que je l’ai battu.

    J’aurais donc la même conclusion que Rudy, on ne sera jamais aussi fort qu’une personne qui est “né pour gagner” dans une certaine discipline, cependant a force d’entrainement on progresse, et on peux arriver a un niveau qu’on pensais au dessus de nous avant.

  3. Pour moi un vrai sportif,c’est le mec qui aime se surpasser,se prouver des chose,se dépasser,etc.

    Donc si le sportif ne persévère que sur ses qualité(points fort),il n’aura pas vraiment de mérite a se donner.
    C’est comme un boxeur qui met un mec KO et qu’il savait déjà a l’avance qu’il le gagner.

    Je ne dis pas qu’il faut chercher a avoir des truc impossible a avoir,mais d’essayer au maximum d’atteindre ses objectifs.

    Parce que se forcer a avoir d’autre objectif juste parce qu’on se juge pas capable d’attendre nos objectif,c’est n’importe quoi je trouve.

    C’est comme arrêter la boxe et se mettre au basket(tout en continuant a aimer boxer):un jour ou l’autre on se remettra a la boxe.

  4. Je pense que les notions de “plaisir” et de “progrès” sont intimement liées, dans une relation de réciprocité: on prend du plaisir lorsque l’on constate que l’on progresse et l’on progresse d’autant plus que l’on prend du plaisir à ce que l’on fait, c’est une sorte de “cercle vertueux” qui s’établi.

  5. personnellement, je suis de du même avis que Rudy et Low (dans mon cas toujours second de la classe en sprint^^) au final, je pense que l’essentiel est de faire ce qui nous plait et qui nous rend heureux (j’éxagère, mais c’est pour montrer l’idée), moi,je pratique surtout ce pourquoi je suis doué mais c’est parce que ce sont aussi ces sports là qui me plaisent, à peu de chose prés, je suis mauvais au rugby et pourtant ça me plait 🙂

  6. Sur le forum j’avais repris les propos de l’entraîneur du décathlonien Romain Barras (champion d’Europe de décathlon 2010) qui expliquait qu’il a deux catégories de champions: les “talentueux” (les mecs naturellement doués) et les “besogneux” (les mecs qui ont travaillés très dur pour y arriver).

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