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  • 2015
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J’ai le plaisir aujourd’hui de vous faire partager une interview de Rudy Coia.

Avec Fabrice il est le co-fondateur de Superphysique en 2009 avec qui il a développé la boutique de nutrition en 2012. Coach professionnel, fondateur du SP Gym et du Club Superphysique (dont une version 2.0 est attendue en septembre)

Je sais que Rudy a déjà eu tout le loisir de répondre à des questions sur sa façon de s’entraîner et sa routine lors de son interview vidéo, mais aussi via un article sur Superphysique. C’est pourquoi j’ai essayé de ne pas reposer les mêmes questions et de creuser un peu plus sur des sujets qui touchent de prêt ou de loin à la musculation.

Alors Rudy nous travaillons ensemble tous les jours, mais il y a plein de zone d’ombre que je souhaite éclaircir et en faire profiter tout le monde car tu es un exemple pour tous. Une source d’inspiration et de motivation. Non seulement tu as su faire de ta passion ton métier, mais surtout tu as créé tout un univers et un état d’esprit en France sur la musculation !

Des milliers de personnes te suivent et vont à la salle motivés grâce à tes publications et ta propre progression ! Alors j’espère poser les bonnes questions et intéresser le plus de lecteurs.

Rudy Coia - Posing - Musculation

1. Revenons au commencement !
Tout le monde veut savoir où tout à commencer. On peut lire sur ta page Interview de la Team Rudy Coia sur Superphysique que tu avais très jeune des haltères en main, est ce que ça veut dire qu’un membre de ta famille pratiquait déjà la musculation, ou est ce que c’est toi qui a prit la première initiative en allant acheter ton premier matériel ?

En fait, on avait un sous-sol chez mes parents et mon père avant un banc avec repose barre intégrée. Comme on manquait de place, notre barre pour le développé couché mesurait 1m20 et j’ai gardé cette barre pendant pratiquement 2 ans. Je faisais donc de la prise serrée sans le savoir.

On avait aussi des haltères et je me souviens que ma copine de l’époque pour mon anniversaire m’en avait acheté une aussi, tu sais le pack haltère 10 kg ! 🙂

2. Je te connais comme quelqu’un de totalement autodidacte. Mais tu as bien dû à un moment donné avoir à tes débuts un mentor, un coach, ou ami qui t’a influencé dans tes choix, tes décisions et t’a motivé à toujours en vouloir d’avantage non ?

Beaucoup de personnes m’ont influencés, c’est sur. Après m’ont-elles poussées à en vouloir davantage ?
Quand j’ai commencé, j’ai dévoré tout les ouvrages du défunt Jean Texier, sans doute le plus grand écrivain sur le sujet de la musculation en France. Je recommande d’avoir tous ces ouvrages aux éditions Jibena pour ceux que ca intéressent même si certaines choses ne sont plus tout à fait juste, ca reste des sacrées sources d’inspirations.

Pendant des années, je me suis procuré tout ses ouvrages et tout les « Monde du Muscle » qui était à l’époque le seul magasine français qui n’existe malheureusement plus.

Ensuite, j’ai fait la connaissance de Michael Gundill autour de mes 15-16 ans et alors j’ai dévoré tout ce qu’il écrivait. On se voyait régulièrement car on achetait ensemble les derniers DVD de musculation qui sortaient et on se partageait les frais. C’est lui le premier qui m’a conseillé de lire des ouvrages qui ne traitaient pas seulement de musculation comme l’apprentissage moteur de Schmidt que j’ai recommandé dans ma vidéo « Qui Croire ».

Après, à partir du moment où j’ai commencé à coaché en 2006, je suis vraiment devenu auto-didacte, à chercher par moi-même tout le temps, avec les retours de mes élèves chaque semaine comme base de réflexion supplémentaires à la mienne.

J’essaie de lire régulièrement de nouveaux livres chaque mois en fonction du temps dont je dispose 🙂

3. On peut lire sur ta 1ère interview que tu as fais beaucoup de sport, du tennis, du karaté, mais tu n’en as pratiqué aucun sur plusieurs années. A la différence de la musculation. Est ce que ça s’est imposée pour toi immédiatement comme une activité qui s’inscrirait sur le long terme ?

J’ai rapidement progressé en force à mes débuts. Contrairement aux autres sports que j’avais pratiqué où j’étais un peu mauvais (sauf en athlétisme), la, j’avais du jus. Je sentais que je pouvais devenir fort et d’ailleurs j’ai passé 100 kg au développé couché avant mes 16 ans alors que je m’entrainais chez moi. On était parti en vacances et la chance a voulu qu’il y ait une salle avec une barre olympique et d’un coup, la barrière s’est franchi toute seule.

J’avais donc des facilités dans certains domaines de la musculation, pas tous malheureusement, mais j’ai l’influx, l’explosion. J’arrive à envoyer fort quand il faut.

C’est sans doute ce qui m’a fait continué car physiquement, j’ai mis des années à avoir un bon physique par contre comme on peut le voir sur ma vidéo d’évolution.

Je pense de plus en plus avec le temps qu’il ne faut de toute façon pas s’acharner la où on n’est pas doué et par contre foutre le paquet la où on est doué. Ca évite de perdre du temps pour peu de résultat.

Chacun est doué quelque part !

4. Comment perçois tu la musculation à 28 ans, après des années impliqué dans le milieu, même si la réponse me semble toute trouvée dans toutes tes publications sur les réseaux. Est ce que tu restes toujours accroché à la quête de la performance même en étant conscient que tu as atteint ton maximum naturel depuis déjà quelques années ?

Comment ca, j’ai atteint mon maximum ? 😀 LE FOU !

Si j’avais su ce que je sais aujourd’hui, j’aurais évité un nombre incalculable d’erreurs ! 🙂
Après ce qu’il y a, c’est que plus je progresse et plus les progrès sont fragiles sensibles à la moindre perturbations. C’est en ce sens qu’il est difficile d’avancer mais bon, je me bats chaque jour pour ca, pour essayer d’avancer malgré les embûches.

Alors qu’au départ, comme bon nombre de débutant, la compétition avec les autres, être le meilleur dans la salle me motivait, aujourd’hui, ce qui me motive, c’est de faire du mieux que je peux pour ne pas avoir de regret et nous verrons bien ce qu’il se passera ! 🙂

5. Arrives tu toujours à conjuguer effort et plaisir ?

Je te dirais que la base même de la progression en musculation, c’est le plaisir ! Si tu t’entraines pour un résultat, tu ne dureras pas et nous savons tout les deux que le secret, l’un des secrets c’est de durer.

Alors quand je m’entraine, ce n’est pas une contrainte mais un réel plaisir. Je m’épanouis dans l’entrainement, je réfléchis avant, j’y vais à fond pendant et après je récupère en pensant déja vivement à la prochaine séance.

Qui y’a-t-il de plus gratifiant que de s’entrainer et de voir que tu as le contrôle de tes progrès à chaque répétition, à chaque série, à chaque entrainement ?

6. Une question rien que pour mon plaisir personnel, tu sais que je ne suis pas fan de cette mode de « l’ultra sec » qui balaye la communauté débutante depuis peu. Beaucoup démarrent maigres comme des clous et veulent pourtant qu’une chose, maigrir encore plus pour voir leurs abdominaux. N’étais ce pas l’effet inverse qui était visé quand tu as démarré et franchement est ce que tu trouves ça sain de vouloir ressembler à un coton tige quand on pèse que 70 kg avec 2 mois de pratique ?

C’est sur qu’en 2001, quand j’ai démarré, la mode sur les forums, c’était de devenir énorme, enfin plus musclé et surtout pas de maigrir. Ca avait ses avantages et ses inconvénients mais on faisait de la musculation pour être musclé quoi.

Aujourd’hui, c’est la mode du tout sec, peu importe la masse. Tu vois des « stars » grâce à leurs sèches alors qu’ils sont à peine plus épais qu’une feuille de papier en exagérant.

Le monde change et à mon avis, pas dans le bon sens. Etre sec, très sec, ce n’est pas bon pour la santé. Tout le monde a un peu de gras normalement.

La musculation, c’est fait pour être musclé, non ? 🙂

7. Tu ne visais d’ailleurs pas ces objectifs de « super sec » quand tu as démarré puisque je me souviens que tu t’es mis à la force athlétique ce qui t’a rapidement détruis. A ce sujet beaucoup de tes vidéos sont encore disponibles sur Youtube de tes performances passées, du soulevé de terre à 210 kg, du développé couché à 150 kg. As tu totalement laissé de côté ces différents lifts avec ces performances hors normes pour un mec qui n’avait à la base aucun point fort pour charger au bench et squatter lourd ?

J’ai délaissé ces exercices car je suis devenu plus sage surtout. J’ai compris avec le temps qu’une erreur avec des poids si lourds allaient forcément se payer sur le moyen et long terme pour ne rien gagner de plus à part un égo plus développé.

J’ai toujours été doué d’un point de vue force, j’ai de l’influx comme je dis souvent, j’arrive à exploser quand d’autres arrivent plus à résister. Après c’est plus musculairement que je suis moins doué mais bon, à force d’acharnement, forcément tu finis par prendre.

J’ai démarré par prendre de la force en priorité parce que cela est la base pour n’importe qui et que beaucoup l’oublient pour s’entrainer comme des utilisateurs de stéroïdes à la sensation ce qui fausse absolument tout.

C’est bien pour ca que le Club SuperPhysique existe aujourd’hui, pour montrer qu’en tant que pratiquants naturels, nos performances en séries mi-longues sur une multitude d’exercice sont bien reliées à notre physique.

Rudy Coia - Posing - Musculation

8. Toi aussi pendant pas mal de temps tu t’es entraîné dans ton sous sol jusqu’à un niveau plus que respectable. Si à ce jour tu n’aurais pas ouvert le SP Gym, avais tu dans l’idée de reprendre l’entrainement chez toi sachant que ton ancienne salle était une catastrophe ?

C’est vrai que quand je suis arrivé sur Annecy, j’ai été surpris de ne trouver aucune vraie salle pour s’entrainer. On te vendait un abonnement en te faisant miroiter du rêve et quand tu t’entrainais pour de vrai, ca gueulait parce que tu prenais tout les poids où que tu faisais des vidéos…

C’est comme ca que j’ai ouvert le SP Gym en effet car je voulais un endroit pour m’entrainer mais également pour tout ceux qui se reconnaissaient dans les valeurs de SuperPhysique et qui souhaitaient progresser !

Si je n’avais pas trouvé de local, j’aurais fait le SP Garage 😀

9. Je me souviens que le paragraphe « Vie sociale » de ton interview sur SP avait eu quelques répercussions, et quelques personnes t’avaient repris sur ta façon de vivre enfermé dans ta bulle. Est ce que cela a t’il changé ?

Je ne dirais pas que ca a changé mais que c’est différent maintenant car j’ai vraiment fait le tri autour de moi pour ne m’entourer que de personnes qui partagent mes valeurs, le SP Gym aidant, c’est sur et c’est d’ailleurs l’un des buts du Club SuperPhysique avec son système de géolocalisation.

Je reste intimement persuadé que les personnes des quelles on s’entoure conditionne notre réussite, notre devenir. Et si tu t’entoures de personnes qui veulent avancer, qui vont se battre pour ca jour après jour, alors forcément un jour, tu réussiras. C’est l’émulation collective que j’essaie de promouvoir au travers de mes différents réseaux.

Ca marche à tout les coups !

10. Je t’ai posé cette question, car je sais que beaucoup dont moi, ont du mal à concilier performances et vie sociale comme la plus part des jeunes trentenaires l’entendent. Il est d’ailleurs assez compliqué de souhaiter progresser indéfiniment à la salle quand on cherche à rencontrer du monde, sortir, profiter de tous les repas familiaux qui mettent un sérieux coup à la diète.. C’est d’ailleurs un point névralgique que beaucoup n’arrive pas à surpasser. Car il est évident de devoir faire des sacrifices pour pleinement réussir. Qu’as tu a dire à ce sujet ?

Tu appelles ca des sacrifices, moi pas. J’appelle ca : Savoir ce que l’on veut.

Si un repas de famille consiste à te faire manger n’importe quoi contre ton gré et que cela ne te fait pas plaisir, pourquoi tu y vas ? On est obligé de rien dans la vie et chacun doit faire ses propres choix tout en gardant la notion de plaisir, d’épanouissement personnel.

Je te dirais que si pour toi ne manger telle ou telle merde, c’est un sacrifice, c’est que tu n’as pas encore compris que tu es le reflet de ce que tu manges sur le moyen et long terme et surtout que l’alimentation est la meilleure des médecines pour ton futur.

On en revient encore une fois à l’entourage, le fait d’être bien accompagné…

Après, si c’est ta famille, tu peux leur expliquer ce que tu veux faire, tes objectifs. Soit ils t’aident, t’encouragent et tout va bien sinon tu les oublies ! On ne choisit pas sa famille mais on peut choisir d’éviter toute personne qui cherche à te rabaisser, qui cherche à te démotiver.

11. Finalement est ce qu’avec l’age/l’expérience, un passif de 15 années de sport, on ne se dit pas qu’on pourrait lever un peu le pied et sauter de temps en temps 2, 3 semaines d’entraînements en toute conscience des conséquences que ça peut avoir sur les performances et la forme ?

Surtout pas ! 🙂

Plus j’avance et plus je suis sensible à la moindre fluctuation dans mes habitudes sur mon entrainement et ma progression surtout niveau force, résistance…

Musculairement, tu ne perds rien en 2-3 semaines mais pour ta progression, si tu t’arrêtes 3 semaines, tu en mets 6 à revenir avec de la chance comme je l’explique dans l’article Musculation et Vacances !

Donc m’arrêter ? Surtout pas 🙂 C’est la sans doute une de mes différences avec beaucoup : Je ne m’arrête jamais !

12. Et enfin qu’est ce qui te manquerait le plus si on t’imposait le mauvais sort de ne plus pouvoir faire de musculation, vers quel autre sport de substitution de tournerais tu alors ?

En ce moment, je fais pas mal de Kayak donc je te répondrais le Kayak mais il existe tellement de sport.

J’aime bien le vélo, le sprint en athlétisme… J’aime vraiment beaucoup de sport, il ne me manque que le temps et les capacités de récupérer pour tout faire ! 🙂

Merci Rudy d’avoir répondu à toutes mes questions.

FIGHT FOR IT !!

rudy

A propos de Rudy

Rudy pratique la musculation sans produits dopants depuis plus de 13 ans et coach des centaines d'élèves chaque année. Il est aussi le fondateur des sites Superphysique.org, ClubSuperPhysique.org, Supermince.org et rudycoia.com.

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